Home » La (sur)vie quotidienne » Le trollage est un sport de combat…
formats

Le trollage est un sport de combat…

… mais les règles sont truquées.

« Troller » Voilà un nouveau terme issu une fois de plus du réseau mondial globalisé. Terme un peu fourre tout, il désigne à la base l’action d’un internaute qui va, par sa mauvaise foi et ses propos, envenimer un débat au point de le rendre stérile.

La mauvaise foi dans les débats n’est pas une invention liée à Internet. Des repas de famille, ou se croisent des individus n’ayant en commun que de la génétique mais rarement des opinions ou des valeurs communes, sont depuis bien longtemps des haut lieux de débats minables et sans plus de saveur que la cuisine de belle maman.

Les débats politiques peuvent souvent être un lieu ou la mauvaise foi s’exprime à un niveau quasi divin. Je parle du débat ou dès le début on se doute bien qu’aucun participant ne se rangera à l’avis de l’autre.

Mais alors qu’est ce qui rend ce fameux « troll » si particulier ? Et pourquoi est-il si populaire sur les réseaux ?

Parce qu’il emprunte un élément de discours indispensable pour se faire remarquer : la provocation. Mais provoquer n’est pas troller ! Le troll se moque de ce qui suit sa remarque trollesque. Tel un pilote de bombardier ou un libertin sans capote, il se moque éperdument des retombés de son acte. Son seul but est de se faire voir, ce qu’il est bien souvent inviter à faire par les autres, au milieu de l’océan numérique d’un lieu de discussion.

Un provocateur de son côté choisi un angle particulier de lecture, parfois le pousse un peu, afin de tenter de faire réfléchir son interlocuteur sur une question ou un problème.

En fait la différence entre un troll et un provocateur est la même qu’entre un « journaliste » du Grand Journal et un journaliste d’Arrêt sur Images : de l’extérieur, ça se ressemble beaucoup mais l’un d’entre eux possède un cerveau et l’utilise, l’autre non.

Si la vitesse est le rapport entre le temps et la distance, la vitesse du troll est le rapport entre le temps de réponse et la masse de gens que cela touche.

Et c’est cette vitesse qui explique le triomphe du troll aujourd’hui. Pas de réflexion, juste une réaction devant générer d’autres réactions le plus rapidement possible.

Les sages internautes, il y en a, font pourtant beaucoup d’effort pour apprendre qu’il ne faut pas « nourrir le troll. » Mais devant la portée et la reconnaissance du grand public, prompt à répondre tant qu’aucune réflexion de plus de trois secondes est demandé, cette injonction est aussi efficace qu’un panneau « Manger 5 fruits et légumes par jour » dans une foire à la saucisse.

Mais alors comment différencier le troll du provocateur ?

Quelques règles simples :

1)      Regardez ou vous êtes.

Un forum de jeu vidéo, Facebook, des commentaires d’informations récentes,… Certains terrains sont plus propices que d’autres. Les endroits ou la nécessité de sortir du lot est impérative pour tous les usagers mal traités par la vie, la génétique ou les hormones, sont des sources inépuisables de troll. De même que les avis sur des sujets vastes et complexes, de la politique agricole commune au conflit géo politique, moins les commentateurs ont d’éléments, plus ils trollent pour transformer leurs peurs et leurs méconnaissances en vérité.

 

2)      Ecoutez qui parle

L’émetteur du message est aussi important que le message. De la qualité de syntaxe au pseudo, demandez-vous toujours qui parle. Après tout, les sorties de votre beau frère sur les homosexuels ou l’immigration pourraient vous faire rire si vous saviez qu’il provoque. Mais le problème c’est qu’il le pense. Enfin penser est un bien grand mot, disons qu’il répète des idées préconçues par des plus intelligents que lui pour que les débiles de son genre les comprennent et les répètent.

 

3)      Demandez-vous comment il parle

Un style un peu recherché, des exemples décalés et rigolos, une construction carré du discours, des arguments, tous ses éléments font pencher la balance du côté du provocateur. Un troll n’a pas les capacités ni l’envie de faire tout ça. Il doit éructer son discours comme il vomit son jet 27 le samedi soir au Macumba, de manière laide et sans classe. Un rien de bon sens et d’intelligence suffise à le détecter.

 

Il est pourtant frustrant de voir un peu partout les trolls, les clashs et autres facilités de discours faire réagir et rendent parfois célèbres leurs instigateurs. L’homme, qu’il soit près ou loin de son clavier est toujours plus facile à attraper par ses bas morceaux que par sa cervelle.

 

Si un jour vous devez vous mettre à provoquer, mettez un costume ça passera mieux.

 
 Share on Facebook Share on Twitter Share on Reddit Share on LinkedIn
4 Comments  comments 

4 Responses

  1. Armos

    Mmmmmoui…

    Je ne suis pas sûr d’être d’accord avec toi.
    Pour moi, le troll n’est qu’une forme particulière de commentaire/de billet/de tweet dont la principale caractéristique est d’être opposé à l’article de news qu’il commente et/ou à la masse des commentaires, avec le dessein de soulever l’indignation de celui qui le lit (si on navigue sur un site à l’opposé des idées que l’on soutient, on peut être d’accord avec un troll !). Et à cela on peut rajouter le troll ironique, qui abonde la thèse la plus partagée de façon si caricaturale qu’il cherche à décrédibiliser les gens qui soutiennent cette thèse. Et je mets de côté le « troll » agressif, composé de pure méchanceté et autres attaques ad hominem (le com de rageux, comme on disait sur skyblog), qui pour moi n’est pas un vrai troll.

    Je pense que la frontière entre provocation et perversion/trollisme n’est pas nette, il y a tout un gradient de constructivité dans les commentaires. Et je suis persuadé que le troll fin/intelligent existe (dénier à Krilin son étiquette de trolleur ne lui fera pas plaisir !)

    A cela, je vais rajouter quelques questions/pistes de réflexion.
    Peut-on basculer derrière le point Godwin sans être un troll ?
    Mieux vaut-il commenter et passer pour un troll plutôt que de se taire et de laisser des commentaires aberrants sur la toile ? Est-ce grave si quelqu’un a tort sur Internet ?
    Est-il intelligent de poster des commentaires progressistes sur des sites de la fachosphère ? Du coup ces commentaires sont-ils des trolls ?
    Le troll peut-il se déplacer en bande ?
    Le rating des commentaires est-il un moyen de supprimer les trolls ou au contraire de les faire pulluler ?
    Que penser des troll war/flame war où chacun des protagonistes est tour à tour le troll de l’autre jusqu’à détruire toute forme de compréhension ?
    Ce commentaire est-il un troll ? ;-)

  2. Je suis d’accord avec l’idée. Mais pas avec les définitions.

    Pour moi un troll n’est pas qu’un abruti dont le seul but et des ce faire remarquer comme tu le présentes dans ton billet.
    Pour moi un troll c’est quelqu’un qui, en quelques lignes (moins de 4 en général), va venir mettre le bordel dans un débat par une provocation non constructive.

    A partir de là je distingue 2 trolls. On va les appeler troll blanc et troll noir pour faire simple.

    Le troll noir correspond parfaitement à ta description je ne vais donc pas m’y attarder.

    Le troll blanc lui, reste un troll donc ne cherche à être ni fin, ni constructif. Mais, par ça façon de mettre les pied dans le plat, peut, sans le moindre argument, sans le moins apport de ça part, permettre de réorienté un débat dans un nouvelle direction. Il n’est donc pas lui même un élément constructif du débat, mais un catalyseur à une constructivité nouvelle des autres participants.

    Et c’est là que je le distingue du provocateur. Car le provocateur lui argumente, il apporte quelque chose. Le troll lui n’apporte rien.
    Le troll blanc dit de la merde mais soulèvent de vraies questions.

    Il m’est souvent arrivé de troller dans des débats qui s’enlisaient, pour pousser les participants à sortir de leurs tranchées idéologique et apporter de nouveaux arguments. Parfois même tombé d’accord contre moi et ainsi ouvrir entre eux un nouveau dialogue sans opposition aveugle.

    Mais contrairement au provocateur, vouloir faire le troll blanc comporte une grosse part de risque. Ça peut être un flop total. Ça peut virer à l’anarchie. Après tout le troll (quelque soit ça couleur) s’adresse au cerveau reptilien de ses interlocuteurs.
    Pire, on peut tombé sur des gens qui ne nourrissent pas le troll.
    XD

    • laurent

      Intéressant ! Je n’avais pas penser à différencier les trolls par couleur ! :D
      Je trouve ta vision du troll blanc bien altruiste. Vouloir aider un débat en y mettant le bordel est une belle idée. Je note… :)
      Merci pour le commentaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


+ trois = 12

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

 ©LaurentDoucet - 2012 // Propulsé par WordPress // Thème iFeatures, modifié par Arno D.