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Les hommes de Mars et les femmes de Vénus sont dans mon cul…

Derrière ce titre grossier se cache un manifeste pour l’égalité des sexes en 2013.

En effet, suite à pas mal de conversation avec mes contemporains j’en suis venu à m’inquiéter sur leurs visions des sexes et aussi du sexe par ricochet…

Certaines de mes connaissances abordent la trentaine, voir l’ont bien entamée, à défaut d’être entamés eux-mêmes par cette même trentaine. Et du coup, leurs propos tenus jusque-là changent et parfois, dans le pire des cas ils achètent le fameux livre dont je me suis inspiré pour écrire le titre de ce manifeste (en y ajoutant mon cul parce qu’il est très beau (mon cul) et que ça fait poète).

Car il faudra cesser un jour de nous raconter que les femmes viennent d’ailleurs. Les femmes sont la moitié de l’humanité et donc sont l’humanité tout comme les hommes. Ce sont des êtres pensants, capable de réflexions plus pertinentes que « Ouh là j’ai 27 ans, vite faisons des enfants ».

Les réflexions comme « les femmes sont plus douces », « les hommes ont besoin de protéger leur terrier », ne sont que des raccourcis qui m’évoquent très vite « les noirs courent plus vite », « les immigrés mangent le pain des français », et bien d’autres encore à écouter au café PMU du coin entre 17h00 et 21h30, heure de l’apéro français ou sur Twitter toute la journée.

Il faut sortir du schéma cro-magnonesque : l’homme chasse, la femme accouche. Nous avons le potentiel d’être plus que des animaux, profitons-en !

Que cela ne nous empêche pas de remuer la tête d’avant en arrière sur de la musique trépidante qu’elle soit électro, faite par un chauve avec un casque sur les oreilles et des lunettes de soleil au milieu de la nuit, ou pleine de guitare faite par un chevelu dessus, rasé sur les côtés qui hurle et projette sa sueur sur le premier rang ravi.

Mais je m’éloigne. Revenons au sujet, le sexe.

On nous explique que le désir multiple et varié et l’envie de partenaires sexuels différents et l’envie de sexe pour autre chose que la reproduction est un trait de caractère masculin.

Nous, hommes et femmes, avons du désir sexuel pour différents partenaires au cours de notre vie. Il faut l’assumer et si on le désire le vivre.

Les femmes, depuis le recul et  j’espère bientôt la disparition des religions et de la morale religieuse, ont le droit de disposer de leurs corps et d’en faire ce qu’elles en veulent.

Cela donne pour effet, qu’une femme de 25 ans aujourd’hui qui a envie de relations sexuelles avec un homme mais qui ne désire pas construire avec lui une histoire de couple a parfois du mal à l’assumer face à la pression sociale environnante. Si la pression est trop forte, elle peut malheureusement tombé dans le travers, souvent inconscient, de « tomber amoureuse » à chaque fois qu’elle couche. Conclusion, elle est pleure quand cela finit le lendemain matin et continue à véhiculer l’image du mec qui ne veut que coucher et à la nana qui veut de l’amour

Et quand par bonheur elle résiste à la pression sociale et assume ses envies, elle est traitée par les mecs comme une salope, ces mêmes mecs incapables de comprendre qu’une femme puisse penser autrement que comme on leur a dit.

Si les hommes ont la majeure partie du chemin à faire, les femmes doivent aussi en parcourir un bout et accepter que l’homme ne soit pas censé la protéger ou dans le pire des cas la dominer.

Mesdames ne vous laissez pas raconter la vie par des hommes qui prétendent savoir et n’en savent pas plus que le babouin du zoo le plus proche.

La femme en 2013 est autosuffisante et non plus autocuiseur comme le rêvent les nostalgiques du Travail, Famille, Patrie. Si deux personnes décident de partager une intimité, voir de vivre ensemble, alors elles font pour que tout se passe bien pour les deux. Il n’est nullement écrit, même plus dans la loi du mariage, que l’homme doit protéger la femme. Elles sont et heureusement tout à fait capables de s’auto-gérer.

Et le plus fou là-dedans, c’est que bien souvent ce sont les mères qui ont brûlé leurs soutien- gorges dans les rues entre Avril et Juin 68, qui aujourd’hui éduquent leurs filles à être « une mère pour s’accomplir ».

Notez que de leur côté, les pères ne restent pas neutres en élevant leurs fils dans le genre « C’est à toi de protéger le foyer avec tes muscles » pour les plus intelligents et pour les plus cons « Ta femme doit tenir la maison ».

Ne ricanez pas, y’en a encore.

Osez me dire en face messieurs qu’aucun adulte au moment de votre adolescence, vous voyant hésiter à aborder une demoiselle, vous a dit « Les filles, faut les forcer un peu, elles n’attendent que ça ». Et quand je pense que ça vote !

D’ailleurs, ce genre de raisonnement simpliste, et habilement interprété peut amener des réponses beaucoup plus graves.

Exemple à l’appui : les hommes désirent les femmes, et TOUTES les femmes (premier lieu commun) et on ne peut pas les en empêcher  d’après les mêmes abrutis qui nous racontent l’instinct, la part animale de l’homme, en gros que son zizi, est incontrôlable (deuxième lieu commun).

Donc les hommes désirent les femmes, on ne peut pas les en empêcher, donc il suffit de cacher l’objet du désir. Si possible sous un joli drap avec juste les yeux qui dépassent histoire qu’elles puissent quand même faire le ménage correctement et bien passer la serpillère dans les coins.

On va me dire que je fais des raccourcis simplistes. Je pense malheureusement qu’aujourd’hui comme par le passé, les hommes et les femmes ont peur de penser et d’imposer un monde nouveau.

Les récentes évolutions du monde ont parfois repoussé les normes. La famille, le mariage, le travail. Toutes ces valeurs autrefois indiscutables et n’ayant qu’un seul sens doivent aujourd’hui être redéfinies. Et elles ne doivent pas être redéfinies par une autorité mais bien par chacun de nous.

Et c’est là que ça coince.

« Quoi ? Il faut que je réfléchisse à ma relation, que je parle avec l’autre sur notre façon de vivre notre couple, notre vie en général. Mais ça va faire mal à la tête, et surtout vais-je avoir le temps de regarder Secret Story  ?»

Et oui ! Penser, voilà le maître mot. Pensez par soi même. Ecoutez, réfléchir, choisir.

Car au lieu de lire le(s) crétin(s) de livre(s), ou d’écouter les personnes (y compris moi) vous dire comment penser, faites votre chemin. Et posez vous la question ultime « Pourquoi ? »

Car finalement le féminisme aujourd’hui est surtout une lutte pour que chaque personne soit respectée et écoutée en tant que personne et pas en tant que stéréotype. Et envoyez chier vos familles si on vous réclame de rentrer dans la norme, vous verrez la première fois c’est dur et après on y prend un plaisir énorme.

Et mettez un costume, vous choquerez mais avec classe…

 
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6 Comments  comments 

6 Responses

  1. Oh mon dieu c’te phrase « La femme en 2013 est autosuffisante et non plus autocuiseur » õ_Ô

    Tu te rends compte que tu vas devoir assumer cette formule-choc jusqu’au bout ? :-D

  2. Mentine

    Voilà un texte qui fait plaisir, qui a peut être pour origine une goutte d’eau qui a fait déborder le vase de l’intolérance comme souvent, mais tant mieux. Quand il faut que ça sorte, ça sort (très spontanément si j’en juge par les quelques coquilles).
    Ce petit combat je le mène chaque jour auprès de mes collègues, hommes & femmes, de mes amis, des podcasteurs (sic), de ma famille. Refuser de rire à une blague sexiste, relever les attitudes machistes dissimulées, désapprouver une attitude machiste chez une femme, etc… je passe parfois pour une rabat-joie (et je passe les termes plus violents et machistes aussi pour le coup).

    Merci Laurent pour ce texte.

    Be seeing you,
    Mentine

    • laurent

      Merci. Je vais traqué les coquilles. Je partage ton combat de tous les jours, et je l’ai sur d’autres sujets que le sexisme (mais aussi sur celui là). Par contre je me refuse à ne pas rigoler à une blague, si elle est bonne et que je connais les intentions de son auteur, quelque soit son sujet. :D

      • Mentine

        En fait je n’avais pas lu ton post sur ta blague sexiste mal prise avant de faire mon commentaire, mais je ne l’aurais pas changé. Si la blague est sexiste 1er degré, et que son « auteur » se crois plus malin que les autres en pensant faire du second degré alors qu’il n’y comprend rien, je ne ris pas + je le bashe. Si la blague n’est pas drôle je ne ris pas point. Juste parce que ça ne me fait pas rire.
        Dieudo me fait rire. Il joue très bien les connards, et j’aime les rôles de connards (Ricky Gervais dans The Office aussi). Mais très peu de gens dans la vie leur arrive à la cheville pour l’autodérision.

        Be seeing you,
        Mentine

        • laurent

          Le fait de se placer en « connard » est un artifice un peu facile. Même si Ricky Gervais me fait rire, Dieudo pour les raisons expliquées, plus du tout. Le blog de l’odieux connard, très bien écrit, est un peu facile car en se nommant comme ça il prend une posture qui nie ses écrits. J’aime que le lecteur doute un peu.
          La qualité et l’intelligence de l’émetteur de la blague ne passe pas forcément par l’auto-dérision. C’est un moyen mais ce n’est pas le seul.

          Tout ça me donne envie un jour de débattre sur le one man show et son omniprésence aujourd’hui…

          Merci en tous les cas de tes réactions !

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